
La commune
Un peu d'histoire
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Les quartiers 1 et 4 représentent les armoiries de la famille de Chissé qui détint la seigneurie de Fillinges; la cuirasse des quartiers 2 et 3 est inspirée d'une découverte faite, en 1900, sur le territoire de la commune. Les droits seigneuriaux de Fillinges, dépendants de la maison de faucigny, semblent avoir été détenus par une famille dont nous ne connaissons que des membres divers, sans continuité généalogique. Le Registre Genevois cite la présence dans un acte du 19 avril 1196, des frères Jordan et Pierre de Fillinges, prêtres. Le 10 mai 1225, Aymon de Fillinges jure en faveur du Comte de Genevois lors d'une sentence arbitrale entre le comte et Aymon, seigneur de Faucigny. Guillaume de Fillinges, chevalier, est témoin en février 1262, dans une reconnaissance de Pierre de Boëge ; est-ce le même encore témoin en septembre 1282, dans l'acte de donnation par Béatrix de Savoie, Dame de Faucigny, des droits qu'elle détient de son père, le Comte pierre de Savoie, à Jean de La Tour. Le 18 décembre 1203, nous trouvons la terre de Girod de Fillinges, abornant celle de Guillaume de Viuz, vendue à l'Evêque de Genève. Un Aymon de Fillinges est garant lors de la trêve signée le 21 janvier 1269, à Sciez-en-Chablais, entre Philippe, Comte de Savoie et de Bourgogne et Guigues, Dauphin de Viennois, Seigneur de faucigny, Aymon étant garant pour le Dauphin. Ces présences dans des actes passés entre d'éminents personnages témoignent d'une importance certaine en cette époque, de la famille de Fillinges. Il est regrettable de ne pas en savoir plus, souhaitons qu'une étude des anciens documents nous fasse bientôt mieux connaître l'histoire de la seigneurue de Fillinges et celle de la famille du nom. N'ayant pas découvert les armoiries des anciens nobles de Fillinges, notre choix s'est donc porté sur celles de leurs successeurs directs dans la détention de la seigneurie de Fillinges, les nobles de Chissé. Une des plus anciennes familles de Faucigny est, sans aucun doute, celle des nobles de Chissé. L'Armorial et Nobiliaire de savoie nous dit : "Après la famille souveraine du nom de la province de Faucigny et les rameaux qui en sont issus, la race des Chissé est certainement la plus illustre de cette contrée..." et, Charles-Auguste de Sales rapporte dans son "Pourpris historique" que cette famille "...très ancienne et très illustre a donné des archevêques de Tarentaise, des évêques de Grenoble, quantité de chanoines à l'église cathédrale de Genève, des prévôts à l'église de Saint-Gilles de Verrès... des comtes, des barons, des chevaliers, des chambellans et des capitaines au service des rois de France et d'Espagne et des ducs de Savoie, etc.". Le premier personnage connu de cette famille est Jordan de Chissé, cité dans un acte passé en 1189, en faveur de l'abbaye d'Aulps. Jusqu'à leur extinction, la dernière du nom est morte en 1925, les Chissé ont occupé une place prédominante dans la noblesse savoyarde. Ils détinrent les seigneuries de Chissé, de Pollinges, de Corbières, de la Bâtie, de Fillinges, des Jaillets, de Servoz, de Sainte-Hélène-du-Lac, etc., furent barons de la Marcousse en Dauphiné, et, pour une courte durée, comtes de Challant dans le Val-d'Aoste. La famille se divisa en plusieurs branches, les trois principales étant celles des seigneurs de Pollinges, des seigneurs de Servoz et des seigneurs de Fillinges. Quoique résidant plus particulièrement à Sallanches où elle a son tombeau dans une chapelle de l'église, cette dernière branche commence avec Perceval de Chissé, damoiseau, qui vivait en 1345. Elle détiendra pendant cinq générations la seigneurie de Fillinges qui lui a été apportée par le mariage de Marie de Fillinges de Chillaz qui épousa Guillaume de Chissé. Ce couple n'ayant pas eu d'enfant, Guillaume, dit de Fillinges de Chissé, mort après 1520, fit héritier de ses biens et de ceux provenus de sa femme, héritière des Fillinges, son frère, Janus de Chissé. Le père des deux frères, Pétremand de Chissé, paraît avoir possédé antérieurement des droits seigneuriaux à Fillinges. Il avait épousé en secondes noces Isabelle de Dunois ; fille bâtarde, paraît-il, de Jean, lui même bâtard d'Orléans, le beau Dunois, le compagnon de Jeanne d'Arc, héritier des droits que son père possédait à Fillinges et de ceux provenus de sa belle-soeur Marie de Fillinges, Janus de Chissé semble avoir possédé complètement la seigneurie de Fillinges. Son successeur sera son fils aîné, Guillaume de Chissé, seigneur de Fillinges et de Pressier, né en 1507 à Sallanches, époux de demoiselle Marie Crochet ; leur fils unique Jacques de chissé, seigneur desdits lieux et de la Maison Forte de Chissé, épousa n 1585, demoiselle jacquemine du Freney. Aux possessions paternelles, leur fils Jean-Baptiste-Melchior de Chissé, ajoutera celle de la seigneurie des Reymondeys. Il était né en 1605 et épousa demoiselle Jeanne-Françoise Chevillard ; ce fut le dernier seigneur de Fillinges de la famille de Chissé, il ne laissa qu'une fille Nicolarde-Françoise de Chissé qui épousa Noble Charles-François des Andans.
L'Histoire des Communes savoyardes, tome II, Le Faucigny, relate la découverte faite à Fillinges : "En 1900, en élargissant la route en bas du village de Fillinges, près du Foron, des terrassiers firent une découverte tout à fait exceptionnelle, un lot de cuirasses en bronze remontant au premier âge du fer, soit à quelques siècles avant notre ère. Il s'agissait de trois plastrons (partie antérieure) et quatre dossières, correspondant à plusieurs cuirasses différentes. chaque cuirasse consistait à l'origine en deux pièces (plastron et dossière), chacune d'un seul tenant, assemblées par des courroies. Le métal est un bronze assez riche en étain mis en forme par martelage. Très minces, les cuirasses étaient ornées de motifs formés de bossettes et de pointillés. A l'avant est figurée la forme de la poitrine. Des rangées de bossettes encadrent les bords. S'ajoutait un bâton de bronze dit "bâton de commandement". Comment cet ensemble unique s'est trouvé là? C'est assez difficile à dire. Les cuirasses assemblées sur un petit espace constituaient peut-être une réserve. Après leur découverte, elles furent partagées entre différents "amateurs". Il fallut plusieurs années au musée d'Art et d'Histoire de Genève pour en récupérer la plus grande partie, ce qui permet à chacun de les admirer, rue de l'Athénée. Cependant, une dossière est restée en Amérique et le bâton de commandement a disparu. Le site de Fillinges est particulièrement riche en vestiges de toute époque : trois hâches en pierre polie ont été découvertes sur son territoire, ainsi probablement qu'un bracelet de bronze et deux épingles à collerette aujourd'hui conservées au musée d'Annecy. Une enquête de 1864 signalait déjà "qu'on trouve presque partout des fragments de poterie gallo-romaine, des fragments de meule". Cependant, aucune fouille systématique n'a été effectuée." Le texte que nous venons de citer explique, par la découverte archéologique, le choix d'une cuirasse pouvant figurer dans les armoiries de Fillinges, c'est une preuve historique d'un passé très ancien de la commune ; c'est d'un passé plus récent que témoignent les armes des Chissé, seigneurs de Fillinges.
Marcel SAUTHIER Président de l'Académie Chablaisienne 10 juillet 1985.
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